→ Dans cet article, je vous propose de vous balader en Haute-Vienne, et plus particulièrement dans le territoire de la Porte Océane du Limousin, à l’ouest du département. Nous découvrirons des villes et villages chargés d’histoire, entre météorite, château, saint guérisseur, lieu d’inspiration de peintre et site de mémoire, alors en route !

La carte

→ Rochechouart et sa météorite
La commune de Rochechouart est située dans le Parc Naturel Régional du Périgord Limousin, à 45 minutes à l’ouest de Limoges. La cité était, par le passé, fortifiée et conserve encore quelques beaux monuments à voir. L’église Saint-Sauveur est assez atypique avec une flèche torse au clocher. Construite principalement au 11ème siècle, elle est le lieu principal des messes durant les ostentions limousines qui se déroulent tous les 7 ans.
Outre son église, on peut également voir son château qui date du Moyen-Âge, construit à partir du 13ème siècle, il repose sur un éperon rocheux. La dynastie des vicomtes de Rochechouart en a été la propriétaire de sa construction jusqu’à sa vente à l’Etat français au 19ème siècle. Depuis 1985, il abrite un musée départemental d’art contemporain, des œuvres sont souvent exposées en plus dans la cour intérieure.
Une autre particularité de la commune de Rochechouart c’est qu’elle se situe sur l’emplacement de l’impact d’une météorite qui s’est écrasée il y a environ 200 millions d’années. Bon nombre de bâtiments de la ville ont été construits avec des impactites, des roches terrestres modifiées par l’impact d’une météorite. La maison des Consuls, du 15ème siècle, la rue dorée ou bien encore le quartier des prières en sont de beaux exemples.
En 2008 a été créée la Réserve Naturelle Nationale de l’astroblème de Rochechouart/Chassenon pour protéger ce patrimoine. On peut aussi voir certains échantillons de roche à la Maison de la Réserve. Régulièrement, des chercheurs du monde entier viennent y étudier le sous-sol du cratère. L’impact étant très ancien, on ne peut plus vraiment discerner la forme du cratère en se baladant dans le secteur, mais de nombreuses randonnées sont proposées sur cette thématique pour mieux se représenter les lieux.
→ Saint-Junien, cité gantière
Saint-Junien est également située dans le Parc Naturel Régional Périgord Limousin, à 20 minutes de Limoges. La ville est traversée par la Vienne et possède un long passé industriel avec le feutre, le tannage de peaux et la ganterie. Cette dernière s’est développée à partir du Moyen-Âge, notamment grâce à la qualité des eaux de la Vienne, et acquiert une grande renommée au 15ème siècle.
Aujourd’hui encore, le secteur emploie une centaine d’ouvriers sur 3 fabriques qui produisent près d’1 500 000 paires par an, dont le quart est exporté. Le secteur vise plutôt le luxe, 60 % des gants de luxe français y sont produits, on retrouve notamment Hermès. Ce savoir-faire est inscrit au patrimoine culturel immatériel en France.
N’oubliez pas de visiter la toute nouvelle Cité du Cuir, un musée qui a ouvert en décembre 2025. Il présente les métiers du cuir et de la ganterie. On peut y voir des expositions qui permettent de comprendre le processus de fabrication du gant de cuir, depuis la peau brut jusqu’au produit fini. Le musée est installé dans les bâtiments d’une ancienne usine de lavage de laine, d’une mégisserie et d’une ganterie.
En vous baladant dans la ville, vous croiserez plusieurs jolis bâtiments tous emprunts de diverses époques. Arrêtez vous à la collégiale Saint-Junien, un édifice dont les origines remontent au 8ème siècle, qui arbore un style roman. A l’intérieur, on peut y voir le tombeau en calcaire de Saint-Junien, des fresques polychromes sur la voûte et dans certaines allées ainsi qu’une châsse du 13ème siècle. L’église a la particularité d’avoir un chœur presque aussi vaste que sa nef. Baladez-vous sous sa coupole qui a subit l’effondrement de son clocher à plusieurs reprises au cours de son histoire. Dans le centre-ville, on retrouve également des halles ainsi que le bâtiment imposant de la salle des fêtes, la halle aux grains.
→ Le site Corot
Le site Corot est un espace naturel situé au nord du centre de Saint-Junien. Il s’appelle ainsi car le peintre Camille Corot aimait venir dans ces lieux pour trouver l’inspiration. Le site est classé Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique, en plus court, une ZNIEFF. Vous pourrez traverser des ponts qui enjambent la Glane, un affluent de la Vienne. Par endroit, vous pourrez vous frayer un chemin entre de grosses pierres sur le cour d’eau.
La vallée a subit une certaine industrialisation, on y retrouve des moulins. C’est à partir de 1880 que le site devient un lieu de détente, la portion entre le moulin Brice et celui de Rochebrune est restée assez sauvage. Un sentier découverte a été créé, il permet de longer la Glane sur environ 750 mètres. On croise également le chalet Corot, une construction redécouverte en 2004 suite à un chantier de fouilles archéologiques. Selon des témoignages de ses contemporains, le peintre y venait souvent. La partie supérieure a été reconstruite en 2009 en se basant sur une carte postale ancienne où figure le chalet.
→ Le nouvel Oradour
Oradour-sur-Glane est tristement célèbre pour avoir été le théâtre du massacre de la quasi totalité de ses habitants par des SS à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, un article lui a été consacré. Aujourd’hui, nous allons visiter le nouveau village, celui qui a été reconstruit à proximité des ruines de l’ancien, de 1947 à 1953. Il s’étend à l’ouest du village massacré, les 2 églises, l’ancienne et la nouvelle, ne sont distantes que de 500 mètres.
La première pierre est posée en 1947 par le président de la République de l’époque,Vincent Auriol. Le premier bâtiment achevé en 1949 est un café comportant une épicerie. La reconstruction vise à harmoniser le style du nouveau bourg, le principe du village-rue est repris tout comme l’église présente également à son entrée méridionale. L’esthétique sobre et plutôt monocolore du nouveau bourg est à la fois le résultat d’un souci de fonctionnalisme ainsi que d’une volonté de « deuil imposé ».
Les premières années, des règles strictes en matière d’aménagement et de décorations sont édictées, la couleur grise est imposée. Cette rigueur se retrouve également dans l’interdiction des bals, les jeunes du village devaient se rendre dans les communes voisines pour danser. Dès 1953, ces règles s’assouplissent, le village regagne en animation avec l’organisation d’un grand prix de cyclisme. L’homogénéité des bâtiments lui vaut la labellisation « Patrimoine du 20ème siècle », label qui a depuis été repensé et renommé en « architecture contemporaine remarquable ».
A la fin des années 90 est créé le Centre de mémoire, il occasionne le réaménagement complet de l’entrée du bourg avec la création d’un rond-point. Cela crée une vraie transition entre les 2 villages qui n’avait pas été envisagée dans les années 50. Dans toute la ville, vous retrouverez divers monuments et statues qui commémorent le massacre de l’ancien village.
L’église Saint-Martin d’Oradour-sur-Glane est un lieu à ne pas manquer. Si elle semble modeste et simple vue de l’extérieur, une fois à l’intérieur, on est surpris par les décorations. Construite au début des années 50 en béton et en granit, l’église comporte des vitraux de Francis Chigot, un maître-verrier et peintre de vitraux originaire de Limoges. L’édifice est inscrit aux Monuments Historiques depuis 2012.
→ Balade à Saint-Victurnien
Saint-Victurnien est bordé par la Vienne, à environ 10 km de Saint-Junien et 20 km de Limoges. La commune doit son nom à un ermite qui, selon la légende, aurait vécu dans la forêt qui couvrait les bords de la Vienne, au 5ème siècle. L’église, qui porte son nom, abrite des débredinoires, des sortes de trous qui permettaient d’y passer la tête des malades mentaux pour qu’ils bénéficient de l’aura du saint réputé guérisseur. L’église a été construite aux 13ème et 14ème siècles et est inscrite aux Monuments Historiques depuis 1926.
Dans Saint-Victurnien, on peut voir une lanterne des morts, des villas de la fin 19ème et du début du 20ème siècle ou bien encore un ancien hôpital à la façade Renaissance. Vous pourrez également franchir la Vienne grâce à un très beau pont de pierres datant de la fin du 19ème siècle. Avant, la rivière était franchie par un gué, puis par un pont métallique qui ne résista que quelques années.
De nombreux sentiers de randonnées sont proposés, vous pourrez également croiser le chemin d’une fontaine à dévotion dédiée à Saint-Victurnien non loin de la voie de chemin de fer. Le long des bords de Vienne, vous pourrez faire un arrêt à la base de loisirs, on peut y pratiquer le canoë, le tir à l’arc, l’escalade ou bien la course d’orientation.

Carnet pratique
Rochechouart
- Eglise Saint-Sauveur : 14-10 Place de l’Église – Gratuit
- Château et musée d’art contemporain : Place du Château – 4,60 €
- Maison de la Réserve : 16 Rue Jean Parvy
- Parcours de géocaching : 1 km (≃ 1h, à pied) – Difficulté des énigmes 2/5 – Difficulté du terrain 2/5 – Thématique → Histoire et monuments – Badge à récupérer → Zabeth
Saint-Junien
- Cité du Cuir : 20 Chemin Notre Dame au Goth – 9 €
- Collégiale : 6 Place Deffuas – Gratuit
- La Halle aux Grains : Place Deffuas
- Site Corot : Vers le Moulin Brice et la Glane
- Parcours de géocaching : 2 km (≃ 1h/2h, à pied) – Difficulté des énigmes 2/5 – Difficulté du terrain 1/5 – Thématique → Savoir-faire – Badge à récupérer → Zouti
- Parcours de géocaching : 6 km (≃ 2h/3h, à pied) – Difficulté des énigmes 5/5 – Difficulté du terrain 4/5 – Thématique → Expert – Badge à récupérer → Zépapeur
Oradour-sur-Glane
- Centre de Mémoire : L’auze – Gratuit
- Eglise Saint-Martin : 3 Rue de la Glâne – Gratuit
- Parcours de géocaching : 2 km (≃ 1h, à pied) – Difficulté des énigmes 1/5 – Difficulté du terrain 1/5 – Thématique → Histoire et monuments – Badge à récupérer → Zabeth
Saint-Victurnien
- Eglise Saint-Victurnien : 16 Place du Chanoine Merlin – Gratuit
- Lanterne des morts : Rue Alluaud – Gratuit
- Fontaine à dévotion : Rue du Ballet – Gratuit
- Parcours de géocaching : 6 km (≃ 2h/3h, à pied) – Difficulté des énigmes 4/5 – Difficulté du terrain 3/5 – Thématique → Curiosités – Badge à récupérer → Zinzin

Conclusion

La Porte Océane du Limousin est une région chargée d’histoire et de monuments à découvrir. Rochechouart nous surprend par son site d’impact de météorite ainsi que par le clocher de son église et son château reconverti, Saint-Junien nous permet de découvrir l’industrie du gant ainsi qu’un joli centre-ville vivant, le site Corot permettra, quant à lui, de se ressourcer en pleine nature. Le nouvel Oradour-sur-Glane permettra, une fois la visite du village martyr de cerner totalement l’histoire de la commune et Saint-Victurnien vous emmènera dans d’agréables balades entourées de légendes sur le saint guérisseur. J’aime me balader dans ces villages aux passés mystérieux, géologique ou bien encore emprunt d’un savoir-faire artisanal. Connaissiez-vous ce coin de la Haute-Vienne ? Qu’en avez-vous pensé ?














































































