Géométries sud
A mon arrivée, on me remet un guide visiteur qui ressemble plus à un catalogue exhaustif. A l’intérieur, il y a toutes les œuvres présentées avec un descriptif plutôt généreux. L’exposition rassemble près de 250 œuvres de plus de 70 artistes. Elle s’intéresse aussi bien à l’art populaire qu’à l’art abstrait, de la céramique à la peinture corporelle en passant par la sculpture, l’architecture ou la vannerie.
J’ai commencé la visite par l’étage inférieur, j’emprunte donc les escaliers et découvre une très belle fresque géométrique et colorée faite spécialement pour l’occasion. Elle est l’œuvre de Flix, un artiste vénézuélien né en 1976. Il a étudié l’architecture avant de se consacrer à la peinture, à la photographie et au street art. Ses œuvres redonnent vie aux éléments urbains rendus invisibles par la routine du quotidien, on en retrouve énormément à Caracas, sa ville natale.
On arrive sur une grande pièce où se trouvent au centre de grands tableaux avec des formes géométriques colorées dans un style très abstrait, elles ont été peintes par Carmen Herrera, une artiste peu connue des européens. Elle est née à Cuba en 1915, mais c’est en 1948, qu’elle découvre à Paris le mouvement De Stijl (plus d’infos par ici) et commence à réaliser des motifs triangulaires étirés aux contours précis. Il y a pas mal de variantes, mais j’ai trouvé cela peut-être un peu trop simpliste à mon goût.
Plus loin des photos ont attiré mon œil. Leur auteur est Armando Salas Portugal, originaire du Mexique, né en 1916. Dans les années 40, il est devenu le photographe officiel du célèbre architecte mexicain, Luis Barragán. Les grands immeubles aux teintes roses sont les Torres de Satélite, ce sont des sortes de sculptures publiques situées au nord-est de Mexico, composées de 5 colonnes triangulaires hautes de 30 à 52 mètres. J’ai aimé ce côté abstrait des architectures qu’il a pris en photo, il ne reste que des formes dans une version plus “pure”, c’est très intéressant.
Je trouve d’autres photos dans la même pièce, d’Anna Mariani, une brésilienne née en 1935. Entre les années 70 et 90, elle parcourt tout le pays à la recherche de maisons avec des décors géométriques et colorés. J’ai beaucoup aimé les maisons qu’elle a réussi à trouver. On peut également voir des réalisations anonymes, datant de 1947, venant des Kadiwéu, un peuple indigène du Brésil, j’ai trouvé ces motifs très beaux.
A l’étage inférieur, au fond, on retrouve une plus petite salle, avec un éclairage très doux, intimiste même. Au centre de la pièce, on trouve cette installation faite de fils. C’est une œuvre de Olga De Amaral, une colombienne, née en 1932. Cette installation est suspendue un peu de manière théâtrale et les tissages laissent apparaître des motifs géométriques en fonction de l’endroit où l’on se place. Je suis restée assez longtemps à tourner autour, j’ai trouvé ça très original. Cette œuvre est fragile, il ne faut pas essayer de la traverser même si c’est très tentant.
Au rez-de-chaussée, on trouve une autre salle, de l’autre côté du bâtiment, entourée de grandes baies vitrées qui accueille encore d’autres œuvres dont ces structures en acier inoxydable et en aluminium réalisées par Gego, une artiste allemande née en 1912. Issue d’une famille juive aisée, elle dût, après ses études d’architecture et d’ingénierie, fuir l’Allemagne nazie et s’installe au Venezuela.