Dans cet article, je vous propose de découvrir la capitale slovaque, Bratislava, le temps d’une journée. Je m’y suis rendue en train depuis Budapest, il y a entre 2h30 et 3h de trajet, ce qui rend la ville très accessible lors d’un séjour en Hongrie mais également depuis Vienne en Autriche. Nous visiterons le château ainsi que le centre-ville historique, alors en route ! 🙂

Histoire

La Slovaquie est indépendante depuis 1993, avant cela, elle formait avec l’actuelle République Tchèque, la Tchécoslovaquie. Les 2 langues se ressemblent et quand on connait un peu les 2 pays, on voit quelques similitudes. Par exemple, à Prague, il y a une ancienne double numérotation pour les numéros dans les rues, et bien je l’ai retrouvé également à Bratislava.

La capitale est la plus grande ville du pays, avec environ 430 000 habitants et est traversée par le Danube. Au cours de son histoire, la Slovaquie a fait partie de la Hongrie, avant la création de la Tchécoslovaquie en 1918 et l’ancien nom de Bratislava est Pressbourg jusqu’en 1919. Le climat est continental et le point culminant est le Gerlachovsky stit avec ses 2 655 mètres, il fait parti des Hautes Tatras également surnommées les « Alpes en miniature ». Le pays offre d’ailleurs de nombreuses stations de ski réputées. La Slovaquie fait partie de l’Union Européenne depuis 2004 et a adopté l’euro.

Se rendre à Bratislava

Pour venir à Bratislava par le train depuis Budapest, c’est plutôt simple, le trajet dure environ 2h30/3h. De plus, le billet aller/retour coute environ 17,50 €, c’est bon marché. J’ai juste eu un peu de mal à comprendre au début de quelle gare grandes lignes partaient les trains pour Bratislava, scoop, c’est depuis celle de Keleti. J’ai été acheter mes billets 5 jours avant, il faut réserver, donner uniquement le jour du voyage et après on peut prendre les trains que l’on souhaite, il y en a 9 dans les 2 sens chacun tout au long de la journée.

Les 3/4 du trajet en train se font sur le territoire slovaque. Je passe, sans m’arrêter, à la gare de Štúrovo, une ville à la frontière hongroise. Le trajet est très agréable, on longe le Danube sur une bonne partie du trajet. Je suis ensuite arrivée à la gare de Bratislava « Hlavná Stanica », qui est la gare centrale. Elle se trouve au nord du centre historique qui est à 15 minutes à pied. C’est tout à fait raisonnable pour une visite d’une journée, c’est donc ce que j’ai fait et cela m’a permis de voir des choses en dehors du centre historique. Il y a également des bus au départ de la gare qui permettent de rallier plus vite le centre-ville.

Si vous êtes basés à Vienne, c’est encore plus rapide en train, cela prendre environ 1h30. Vous pourrez, bien évidemment, venir à Bratislava depuis la France, en avion, cela prend environ 2h.

En arrivant au château

Sur le chemin pour me rendre au château, j’ai croisé le Palais Grassalkovitch qui est en fait le palais présidentiel. C’est l’édifice baroque le plus grand du pays, il fût terminé en 1760 et derrière se trouve un grand jardin à la française. Il a eu plusieurs fonctions au fil du temps et devint le résidence officielle du président de la République Slovaque en 1996.

Tout en haut de la colline se trouve le château. L’ascension est assez sportive, surtout par plus de 30°C ! Le début de la construction du château date du 10ème siècle. Il a connu plusieurs périodes en terme de style. Entre 1552 et 1562, Ferdinand Ier donna l’ordre de reconstruire le château dans le style Renaissance. Il fut le château principal du Royaume de Hongrie de 1531 à 1783.

Une fois l’ascension terminée, on a une très belle vue sur l’Autriche et à ce qu’il parait on peut même voir Vienne et la plaine de Hongrie. Tout en haut du pont se trouve un restaurant qui ressemble fort à une soucoupe volante, c’est un symbole de la ville. Plus haut sur le chemin, on trouve une porte sur les remparts, il en existe d’autres. En contre-bas, on a donc une vue plongeante sur le Danube.

Le château est facilement reconnaissable à ses 4 tours. Elles se retrouvent même sur certaines pièces de monnaie (10, 20 et 50 cents d’euro). En 1811, un incendie ravagea presque tout le château. Entre cette date et 1953, il est laissé à l’abandon et s’est beaucoup détérioré. A partir de 1953 et jusqu’en 1968, il fut reconstruit dans sa forme originale, d’avant l’incendie. L’intérieur, par contre, ne ressemble plus vraiment à ce qu’il était à l’époque.

Visiter l’intérieur du château

A l’intérieur du château, on trouve des décorations en stuc avec des dorures. Je trouve que ces escaliers sont grandioses ! Cette décoration se poursuit jusqu’en haut, le tapis rouge donne une bonne touche de couleur qui relève le tout. Depuis le rez-de-chaussée, on peut encore plus apprécier la perspective vers le haut du bâtiment. C’est un blanc immaculé qui illumine tout le château.

Les salles au rez-de-chaussée sont très épurées, il y a quelques kakemonos pour présenter l’histoire du château au fil du temps et ses nombreuses transformations. Dans les étages, on retrouve par exemple une petite salle de concert avec un orgue. La salle est très moderne, tout est propre. A chaque étage du château, il y a des toilettes spacieuses.

On retrouve de petites expositions un peu partout, toujours en lien avec le château bien évidemment. Une maquette nous permet de mieux comprendre l’agencement de la colline et de son château. De beaux bijoux siègent dans des vitrines présentées dans une pièce sombre, il y a également des poteries. Tous ces objets ont été trouvés non loin du château. Une pièce porte, sur des poteaux, de grandes fresques chronologiques sur l’histoire du pays. Différents événements importants y sont exposés, on peut tourner les poteaux pour découvrir d’autres informations.

Si on a de bons mollets, on peut grimper tout en haut du château via un escalier bien raide, on peut voir le toit avec les 4 tours qui le compose. On a également une très belle vue sur le Danube, et la partie qui concentre de belles maisons. Il y a un côté, en direction de l’Autriche où l’on peut voir beaucoup de barres d’immeubles datant de l’ère communiste, c’est moins glamour, certes, mais ça fait aussi partie de la ville.

A un autre étage, j’ai croisé une exposition temporaire sur la vaisselle et plus particulièrement le cristal à travers plusieurs décennies, au gré des modes. Il y a aussi de petits escaliers qui descendent et qui nous mènent à une réplique de la couronne de Saint-Etienne, le premier roi de Hongrie, alias la Sainte Couronne hongroise, qui est l’un des attributs de la souveraineté hongroise. L’originale est exposée sous la coupole du Parlement à Budapest, protégée par la garde républicaine. La croix au-dessous est penchée, cela n’est pas d’origine, mais on raconte que lors d’un bouleversement politique, la reine Isabelle voulut emporter la Sainte Couronne, mais elle l’a mise dans un coffre trop étroit, qui, en le fermant, appuya sur la croix. Depuis la couronne est restée dans cet état, les hongrois ayant voulu conserver ce défaut accidentel.

Le centre-ville

Les premières mentions de la vieille ville remonte à 907, le centre-ville est riche de monuments et de musées. On y retrouve la célèbre place principale, par où transitent beaucoup de touristes, mais aussi diverses églises ayant toutes une histoire particulière comme l’église des Clarisses qui fut désacralisée suite au suicide de son curé. Les rues anciennes pavées et colorées sauront vous rappeler Prague pour ceux qui connaissent.

Après la visite du château, je me retrouve en bas de la colline. Il y a la cathédrale Saint-Martin, qui a été construite entre 1311 et 1452 et qui a vu beaucoup de couronnements de rois de 1563 à 1830. Le sommet de la tour du clocher, est une sorte de réplique de la couronne de Saint-Etienne.

Je me dirige vers la rue Panská où je me suis arrêtée pour manger dans un restaurant italien très sympa, San Marten. Après quelques jours en Hongrie, cela fait bizarre de voir à nouveau des prix en euros, ils sont d’ailleurs plus élevés qu’à Budapest, mais c’est toujours moins cher qu’en France.

On retrouve beaucoup de restaurants, la ville était très touristique. Le centre a été très bien restauré et est très bien entretenu. Il y a beaucoup de boutiques à souvenirs également. Les rues sont très jolies, les bâtiments ont beaucoup de charme et me font penser au style Sécession que j’ai pu voir à Prague. Sur la place centrale, vous pouvez retrouver également l’Institut Français qui vous permettra de poser vos questions ou demander des renseignements.

Vous pouvez également vous perdre dans les petites rues juste autour de la place principale, certaines sont bien moins fréquentées et donc forcément très agréables. Je m’arrête sur une façade en l’honneur du roi Mathias Ier de Hongrie, en-dessous se trouve un restaurant. Après avoir passé la porte Saint-Michel avec sa grande tour blanche, il y a encore beaucoup de rues à découvrir. Je suis passée devant un magasin de vêtements aux volets joliment décorés.

En chemin, une rue toute de vert et de bleu vêtue. Et un bar qui a de l’humour, pour les non anglophones : « dans le vin, il y a la sagesse ; dans la bière, il y a la liberté ; dans l’eau, il y a des bactéries » 🙂. Je repasse par la porte Saint-Michel, en vous baladant à Bratislava, vous y passerez sûrement plusieurs fois dans la journée. C’est la seule des quatre portes des remparts de la ville a voir été conservée, elle fût construite au 14ème siècle et fait 51 mètres de haut.

Les statues de Bratislava

A Bratislava, il y a plein de statues originales disséminées dans tout le centre-ville. Je n’ai sûrement pas tout trouvé, mais en voici quelques unes. La statue du monsieur qui salue les passants de son haut-de-forme est Schöne Náci, un allemand qui vécu à Bratislava, né en 1897 et décédé en 1967. Il est dit que c’était un homme pauvre mais toujours avec son chapeau et très courtois. Il errait dans les rues de Bratislava et distribuait des fleurs aux femmes et des bonbons aux enfants.

Sur la place principale, accoudé à un banc, on retrouve une autre statue, celle dite du « Français » ou du « Napoléon ». Napoléon a d’ailleurs tenu un siège en 1805 à Bratislava. Il est aussi dit que cette statue représente un soldat français tombé amoureux d’une fille de la ville. Il serait devenu producteur de vin à qui il donna son nom « Hubert ». Il s’agit en tout cas de la marque la plus populaire en Slovaquie aujourd’hui.

A l’angle des rues Panská et Laurinská, on retrouve la plus célèbre des statues de la capitale. C’est Čumil, qui veut dire en gros l’observateur. Il a été installé en 1997 et la légende veut que cela soit un travailleur communiste qui se repose ou bien un voyeur regardant sous les jupes des filles. En tout cas, il faut savoir que cette statue a déjà perdu 2 fois la tête à cause de conducteurs distraits qui ne l’avaient pas vu, effectivement, être à raz du sol n’est pas de tout repos ! 🙂

Autres points d’intérêt à proximité

En bordure de l’hyper centre historique, il y a aussi des choses à voir comme cette église chrétienne réformée avec ce clocher tout pimpant de vert. Elle se trouve juste à côté de la Poste. J’ai dû m’y rendre car je ne trouvais pas de timbres dans les boutiques de souvenirs et cartes postales. Le bâtiment de la Poste est superbe, j’ai été émerveillée en entrant. J’ai même retrouvé les devantures de guichets un peu dans le même style de certains bureau postaux dans Paris. Sur la façade du bâtiment, il y a le portrait de Jozef Murgaš (1864-1929) qui est un inventeur slovaque (homme politique, collectionneur et prêtre catholique également) qui a déposé nombre de brevets dans le domaine de la transmission sans fil. Son invention la plus célèbre est d’ailleurs un appareil de radiotélégraphie sans fil.

Quand je suis arrivée dans la Poste, j’ai trouvé ça globalement plus moderne qu’en France, il y a un écran tactile qui aide à faire son choix, il y avait un menu en anglais heureusement pour moi. Quand j’ai enfin réussi à avoir un ticket, j’ai constaté qu’il y avait beaucoup d’attente. J’ai  préféré partir et tenter ma chance chez un buraliste, et finalement j’ai trouvé les timbres à cet endroit. Ça m’aura quand même permis de découvrir ce superbe édifice.

A la limite du cœur de ville se trouve l’église de la Trinité, point de rendez-vous de nombreux tramways. Elle est de style baroque et a été construite vers 1529, vous pourrez la retrouver vers la place Župné námestie.

Le théâtre national slovaque se trouve dans 2 bâtiments, celui-ci est l’historique, il a été construit vers 1886 et le théâtre a lui été fondé en 1920 peu après l’indépendance de la Tchécoslovaquie. L’autre bâtiment a été construit en 2007 dans un style résolument moderne. On peut y voir des ballets, du théâtre et de l’opéra et est un peu plus excentré du cœur de ville.

La journée à Bratislava est terminée, elle a été riche en balades et découvertes. Le centre-ville se fait facilement en une journée. Il est bien rénové, très touristique, j’ai pensé à Tallinn et mais aussi à Prague pour certains styles architecturaux. J’ai bien aimé l’intérieur du château mais j’ai été surprise par l’absence de mobilier d’époque, mais c’est sûrement l’habitude des châteaux en France. J’ai aussi beaucoup aimé les statues, elles sont très originales. Avez-vous aimé la balade ? Qu’avez-vous préféré ? 🙂

Vous avez aimé cet article et souhaitez suivre les suivants :

Vous souhaitez épingler cet article sur Pinterest, c’est par ici :

Anne LANDOIS-FAVRET

Auteur de ce blog et photographe, je vous emmène à la découverte de destinations plus ou moins lointaines, en France et en Europe. Je vous partage mes coups de cœur et mes balades. J'apprécie les street arts et l'architecture. N'hésitez pas à me solliciter si vous avez des projets de voyages, de partenariat ou tout simplement me poser des questions ! :)
S’abonner
Notifier de
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

16 Commentaires
le plus récent
le plus ancien le plus populaire
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires