La prison
J’arrive à hauteur de la boutique, puis je continue et arrive sur une partie avec des grilles, des cellules ou bien encore des postes de garde. En 1789, la Révolution éclate, c’est la fin des privilèges et la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen voit le jour, mais tout cela sera de courte durée. Les pays voisins ont peur que la Révolution ne les déstabilise, la guerre éclate en 1792. En 1793, Louis XVI est exécuté mais des français prennent les armes contre la Révolution, c’est la guerre civile.
La Terreur est mise en place, entre autre contre ceux qui n’adhèrent pas au nouveau régime. Cet outil du gouvernement arrête et exécute bon nombre de personnes vues comme des instigateurs de ces révoltes, comme par exemple Robespierre. Le gouvernement essaye de tenir tant bien que mal lorsqu’en 1799, le général Napoléon Bonaparte fasse un coup d’état et instaure le Consulat, il proclame dans le même temps que la “Révolution est terminée”.
Voilà pour le résumé de toute la période décrite dans les couloirs de la Conciergerie. On continue notre cheminement, on peut voir qu’on se concentre surtout sur la période du Tribunal Révolutionnaire, aux alentours de 1793. On passe près de cellules dont on imagine sans peine l’insalubrité et les conditions très difficiles de détention.
Même les couloirs qui accueillent les cellules semblent glauques, peu lumineux avec de toutes petites fenêtres. Parfois, les détenus ne restent pas longtemps à la prison, ils repartent vers d’autres lieux de détention. Divers types de personnes s’y croisent, comme des opposants politiques, des criminels ou bien encore des faussaires. Les détenus financent eux-mêmes leur détention et les plus riches se payent de grandes cellules pendant que les autres sont entassés en grand nombre à même le sol.
On apprend également qu’en 1789, le député et médecin Joseph Ignace Guillotin plaide pour que tous les condamnés à mort aient la même sentence, peu importe leur rang social. La “guillotine” est utilisée pour la première fois le 25 Avril 1792, elle avait de doux surnoms comme le “rasoir national” ou bien encore la “racourcisseuse patriotique”.
En haut d’un escalier à gauche, on pénètre dans la Salle des Noms. Tous les murs en sont remplis, c’est impressionnant ! L’épaisseur des barrettes renseigne sur l’appartenance sociale. Le plus fin est pour le Tiers-Etat, puis le Clergé et enfin la Noblesse. Un nom en rouge est celui d’une personne exécutée et en noir, elle a été acquittée, déportée ou emprisonnée.
On redescend et on arrive dans une petite pièce où l’on retrouve des références à Elisabeth de France, la sœur de Louis XVI. Elle fut emprisonnée avec lui en 1792 et passa devant le Tribunal Révolutionnaire où elle fut condamnée à mort et exécutée en 1794. Plus loin, on trouve le fauteuil dit de “Marie-Antoinette à la Conciergerie” mais il n’a pas servi pendant sa détention, il a été mis plus tard, après son exécution, pour les visiteurs de sa cellule. Elle arrive à la Conciergerie en Août 1793 et y restera 76 jours. Le 14 octobre 1793 s’ouvre son procès et elle est condamnée le 16 octobre.
En se retournant, on aperçoit l’entrée de la petite pièce où il était question de Elisabeth de France, avec ce grand drapé noir. Au pied, il y a également un autel, mais ce n’est pas la chapelle expiatoire qui se visite séparément. Je n’ai pas pris ce billet, mais la chapelle est à voir, elle a été construite par Louis XVIII à l’endroit de la 2ème cellule de Marie-Antoinette.