Dans cet article, je vous propose de visiter Aubeterre-sur-Dronne en Charente, unique village classé parmi les « Plus Beaux Villages de France » dans le département. Construit sur un promontoire de roches calcaires, il abrite de beaux monuments et notamment le plus vaste édifice religieux troglodyte d’Europe, l’église souterraine Saint-Jean, alors en route ! 🙂

Cet article a été rédigé dans le cadre du collectif interblogueurs “En France Aussi” qui fait la promotion de notre beau pays. Le thème du mois était “classé”, piloté par Eimelle du site Tours et Culture.

Vidéo de présentation

Balade au cœur du village

Aubeterre-Sur-Dronne est un mignon petit village localisé dans le sud de la Charente, à 42 km d’Angoulême et 43 km de Périgueux et est très proche du département de la Dordogne. Aubeterre fait partie de l’association des Plus Beaux Villages de France mais également des Petites Cités de Caractère et possède aussi le label Station Verte. Cette ancienne place forte est construite en amphithéâtre autour d’un bras de la rivière Dronne, un sous-affluent de la Dordogne.

En se baladant, on remarque la structure pentue de la ville, construite au pied de falaises calcaires, que l’on peut voir à plusieurs endroits du village. Le château, qui est une propriété privée, y est adossé, il date du 12ème siècle. Le principal vestige est le châtelet d’entrée, une tour rectangulaire reconstruite au 16ème siècle. On peut également apercevoir des restes de tours circulaires, une partie de l’enceinte défensive ainsi qu’une chapelle Renaissance.

La population est d’un peu plus de 320 habitants, on y retrouve des terres agricoles au sud et le village dans la partie nord. L’artisanat y est très présent, beaucoup de boutiques de créateurs s’y trouvent, ouvertes principalement aux beaux jours. Vous pourrez croiser le chemin de céramistes, potiers, bijoutiers, artisans du cuir et du textile ou bien encore de modistes de cérémonie, notamment très prisés par les anglais.

Baladez-vous sur la place Trarieux, entre ses boutiques et ses restaurants, il y a de l’animation. Ludovic Trarieux était un homme politique et un avocat, connu pour être le fondateur et premier président de la Ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen, c’est un enfant d’Aubeterre, il y est né en 1840. Autre place remarquable, la place Merkès-Merval, avec ses maisons classées à balcons de bois “à l’espagnole”. Elle a été renommée ainsi en hommage à Marcel Merkès et Paulette Merval, de célèbres chanteurs d’opérette. Cette dernière est née à La Roche-Chalais en Dordogne, issue d’une vieille famille aubeterrienne. Sur cette place, on retrouve également un joli petit lavoir en son centre.

Lors de ma venue, j’ai déjeuné Au Cochon Prieur, un des rares restaurants ouverts à ce moment-là. Il se situe en contre-bas, au 11 Quartier Plaisance sur la D17. C’est une cuisine de bistrot faite maison à base de produits frais. On y retrouve essentiellement de la viande, si ce n’est pas votre truc, je vous conseille de passer votre chemin. Je m’y suis en tout cas régalée, en plus des plats à la carte, on retrouve un menu du jour. L’accueil était au top et le cadre très sympa. Il existe évidemment plein d’autres bons restaurants dans Aubeterre, mais renseignez-vous avant pour savoir ce qui est ouvert ou non, surtout si vous venez en basse saison.

L’église souterraine Saint-Jean

L’église souterraine Saint-Jean est un incontournable d’Aubeterre ! Elle a été construite au 12ème siècle selon un plan roman sur ordre de Pierre de Castillon, vicomte d’Aubeterre, mais à l’origine, c’était une grotte païenne. L’église est creusée dans la falaise calcaire, juste en dessous du château médiéval, un couloir permettait d’ailleurs de faire la jonction entre les 2 structures, mais il est aujourd’hui bouché. C’est le plus vaste édifice religieux troglodyte d’Europe. On peut aussi visiter l’église monolithique de Saint-Emilion en Gironde, avec laquelle il y a une réduction si l’on présente le billet de celle d’Aubeterre (et inversement).

De l’extérieur, rien ne laisse présager que l’on va trouver une église de 20 mètres de haut. Il n’y a d’ailleurs pas de clocher visible quand on arrive dans le village, l’église Saint-Jean est bien l’église principale du village. On ne peut pas en faire le tour et aucun portail ne nous l’indique, l’accès fait plus penser à l’entrée d’une grotte.

L’église a été réalisée sur une seule campagne de travaux sur une vingtaine d’années, la technique d’évidage a été largement reprise des modèles rencontrés par son bâtisseur dans la région de Capadocce en Turquie. Quand on entre, ce qui frappe ce sont tout d’abord ses 2 grands piliers octogonaux monolithes, ensuite, l’œil est indéniablement attiré par le reliquaire sur la droite. De forme hexagonale, il est également monolithe, c’est-à-dire taillé dans un seul bloc de roche. Il est inspiré du Saint-Sépulcre de Jérusalem et mesure 6 mètres de haut.

Sur la gauche, une nécropole de près de 170 fosses et 80 sarcophages médiévaux est visible. A l’inverse d’un cimetière où l’on enlève de la terre, ici, les sarcophages étaient déposés et recouverts ensuite de terre. Les nobles étaient placés dans des niches funéraires creusées dans la paroi. Les tombeaux ont été découverts entre 1958 et 1961 mais des inhumations ont été pratiquées dans la nef jusqu’en 1865 date à laquelle cette pratique fût proscrite pour des raisons de salubrité publique.

On peut monter et accéder à la galerie circulaire, en grimpant 80 marches. Le couloir est creusé directement dans la roche calcaire, de là, à 18 mètres de haut, la vue est imprenable. On remarque que 3 grandes baies ont été percées pour laisser passer la lumière du jour, cela donne une belle ambiance aux lieux. Une fois le parcours terminé, un audio-guide est inclus dans le prix de l’entrée, n’oubliez pas de faire un crochet par la crypte, toute près de la caisse. Elle a été découverte par hasard en 1961 et était sans doute réservée à l’usage des chanoines. Elle est creusée sous le cœur de l’église et est composée d’un unique couloir orné d’arcades long de 17 mètres.

Les rues et venelles

A Aubeterre-sur-Dronne, prenez bien le temps de vous attarder dans les petites rues, elles sont toutes très mignonnes. On y retrouve plein de détails, on croise des devantures pleines de charme également. Les volets sont souvent peints avec des couleurs qui attirent l’œil, ce qui rend les rues encore plus jolies. Les vieilles maisons avec leurs toits recouverts de tuiles orangées donnent le ton, on est bien dans le sud. Les plantes et fleurs donnent aussi de la couleur aux rues, on croise parfois la route de végétations très luxuriantes avec notamment de grands palmiers. Les portes, boîtes aux lettres ou bien encore décorations nous invitent à flâner.

Autre particularité du village, ses venelles. Il y en a un grand nombre, elles sont toutes différentes mais toutes charmantes à coup sûr. Elles serpentent entre les vieilles maisons construites en pierre blanche. D’ailleurs, saviez-vous que c’est le terme latin “alba terra”, qui veut dire “terres blanches” qui a donné son nom au village ? En parcourant les venelles, vous ne cesserez de monter et descendre, c’est aussi ce qui fait leur charme, ainsi que le fait que certaines soient vraiment peu larges. Certaines venelles offrent de magnifiques points de vue sur Aubeterre, des bancs sont même installés à certains endroits stratégiques.

D’autres points d’intérêt

Lors de la balade, je suis passée devant l’ancien couvent des Minimes, aujourd’hui reconverti en maison de retraite. Il a été fondé en 1617, des moines venus de Blaye s’y installèrent. On peut entrer dans la chapelle, de taille modeste, elle permet de voir le cloître, seulement depuis la grille du fond car il appartient à la maison de retraite.

Après être passée rue de l’Arcade, au loin, j’aperçois une magnifique façade pleine de détails. C’est la collégiale Saint-Jacques, un bel exemple de l’art roman. Elle a été détruite en 1562 lors des guerres de religion, seule la façade a été épargnée, elle est d’ailleurs classée monument historique depuis 1862. Derrière, je remarque tout de même une structure, en effet, l’église a été reconstruite au début du 18ème siècle. Tout comme l’église souterraine Saint-Jean, la collégiale était une étape sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Il est possible de passer devant l’ancien couvent des Clarisses, fondé en 1620, où l’on peut voir son portail d’aspect militaire, mais on ne peut pas y pénétrer car c’est une propriété privée.

En allant vers les bords de la Dronne, vous pourrez profiter d’une plage de sable fin aménagée. Un camping est tout proche et l’on peut pêcher et se baigner ainsi que profiter des paysages en canoë, vélo ou tout simplement à pied. En allant vers l’est en direction de Laprade, la base de loisirs de Poltrot vous attend également.

Si vous poussez à peine, toujours à Laprade, vous pourrez tomber sur une sculpture appelée l’Homme Libre. En 2007, la commune a démoli un pont Eiffel qui enjambait un affluent de la Dronne. L’acier devait finir à la déchèterie mais une partie a été réutilisée par l’artiste Rachid Khimoune, dont cette œuvre qui représente un homme avec les jambes écartés et les bras levés, je trouve qu’il ressemble à un totem.

A lire aussi

Carnet pratique

A voir

  • Eglise souterraine Saint-Jean » 18 Rue St Jean – 16390 Aubeterre-sur-Dronne » 8 € » Site
  • Couvent des Minimes » Rue Pierre Véry – 16390 Aubeterre-sur-Dronne
  • Collégiale Saint-Jacques » 27 Rue Saint-Jacques – 16390 Aubeterre-sur-Dronne » Site
  • Couvent des Clarisses » 23 Rue Saint-Jacques – 16390 Aubeterre-sur-Dronne

Se restaurer

  • Au Cochon Prieur » 11 Quartier de Plaisance – 16390 Aubeterre-sur-Dronne » Site

Suite à la Révolution de 1848, Alexandre Dumas avait cumulé beaucoup de dettes, en plus du théâtre, il dût vendre le château en 1849 mais pu l’occuper jusqu’en 1851. Entre cette date et 1894, l’ensemble se dégrade fortement, les meubles sont vendus pour éponger les dettes. Après plusieurs propriétaires et une menace de démolition, le château est classé monument historique en 1975 et ouvre au public en 1994 grâce à 2 entités, l’alliance des communes de Port-Marly, Marly-le-Roi et Le Pecq ainsi que la Société des Amis d’Alexandre Dumas. Connaissiez-vous ce château ? Qu’avez-vous préféré lors de la visite ? 🙂

Je tiens à remercier l’Office de Tourisme d’Aubeterre-sur-Dronne qui m’a aidé dans la recherche de plusieurs informations lors de la rédaction de cet article ainsi que pour son chaleureux accueil.



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Anne LANDOIS-FAVRET

Auteur de ce blog et photographe, je vous emmène à la découverte de destinations plus ou moins lointaines, en France et en Europe. Je vous partage mes coups de cœur et mes balades. J'apprécie les street arts et l'architecture. N'hésitez pas à me solliciter si vous avez des projets de voyages, de partenariat ou tout simplement me poser des questions ! :)
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